Basket-Ball

NBA Finals 2016 : LeBron renverse la meilleure équipe de l’histoire13 min read

1 avril 2020 8 min de lecture
mm

author:

NBA Finals 2016 : LeBron renverse la meilleure équipe de l’histoire13 min read

Reading Time: 8 minutes

LeBron, l’enfant d’Akron

NBA Finals 2016 : LeBron James renverse les warriors
Lebron James © Howard Bouchevereau (Unsplash)

LeBron James et Cleveland, c’est une longue et belle histoire d’amour. Le genre d’histoire qui fait rêver et que seuls peu d’élus ont la chance de vivre une fois dans leur vie.

On va la rappeler, LeBron est un enfant de l’Ohio, né à Akron, petite ville située à une trentaine de kilomètre de Cleveland. Il y passera toute son enfance, jusqu’au lycée, le St Vincent-St Mary High School, où il pètera tous les records et sera proclamé “The Chosen One”. 

Cleveland -> Miami -> Cleveland

Comme la vie est bien faite et qu’il faut forcément un peu de chance –certains appellent ça le destin-, lorsque LeBron se déclare à la Draft en 2003, les Cavaliers (de Cleveland) ont hérité du premier choix. L’histoire est en marche. Bien avant celle de Manu.

7 saisons, 1 Finale NBA et 2 titres de MVP plus tard, LeBron a besoin de changer d’air. Il sent bien qu’il n’arrivera pas à gagner un titre avec cette équipe. Il prend The Decision. Direction South Beach et le Heat de Miami. 

Des maillots de LeBron sont brûlés dans la ville. C’est un traître. Il est parti sans gagner.

A Miami, avec ses potes Dwyane Wade et Chris Bosh, il remportera 2 bagues de champion et 2 titres de MVP supplémentaires. Il l’a fait. Il est enfin libéré de ce poids. 

Nous sommes à l’été 2014, le Heat vient de perdre sa revanche face aux Spurs de TP et Kawhi lors des Finals. LeBron prend la décision de retourner à Cleveland avec un seul objectif en tête : offrir le premier titre de son histoire aux Cavaliers et ramener un trophée dans cette ville qui n’en a pas vu la couleur depuis 1964 et le sacre de l’équipe de NFL, les Browns. Tout est pardonné. La ville l’accueille à bras ouvert. 

The King is back.

Lebron James returns to Cleveland
Lebron James en famille à Cleveland © Oliver Barrett (ESPN)

Finals 2015 : Acte I d’une rivalité s’annonçant légendaire 

LeBron reste sur 4 Finals consécutives. Pour son retour à Cleveland, épaulé de Kyrie Irving, drafté en 1ère position en 2011, et Kevin Love, le King ne rate pas le rendez-vous. 

Se dressent face à eux les Warriors avec leur duo infernal les Splash Brothers, les shooteurs fous Steph Curry et Klay Thompson, accompagnés du meilleur défenseur de la Ligue, Draymond Green. Cette franchise a complètement révolutionné le basket-ball avec l’usage intempestif du tir de chez le voisin. Des bombes en veux-tu en voilà. Du jeu rapide. Beaucoup de passes. Une version 2.0 du Spurs Basketball. 

Lors de ces Finals, LeBron doit faire sans Kevin Love qui s’est fracturé l’épaule lors du 1er tour de playoffs face aux Celtics. Et il doit également se coltiner la blessure de Kyrie Irving à la fin du Game 1. 

Même si Cleveland réussira miraculeusement à mener 2-1 grâce à un LeBron en fusion et un Matthew Dellavedova héroïque, les Warriors finiront par prendre le dessus face à un effectif des Cavs en totale implosion physique. 4-2 pour les Warriors. On veut la revanche. Et vite.

Saison régulière 2015-2016 : Des Warriors qui font l’histoire

Steve Kerr, le Head Coach des Warriors, doit se faire opérer du dos à l’été 2015. C’est son assistant, Luke Walton, qui doit prendre le relais pour le début de la saison régulière. Un problème direz-vous ? Pas le moins du monde messieurs dames. 

Les Warriors réalisent la meilleure entame de saison régulière de l’histoire. 24 victoires. Oui, 24 victoires pour débuter la saison. Complètement irréel.

Et ils ne se sont pas arrêtés là. Les petits branquignoles d’Oakland ont réalisé l’impensable : péter le meilleur bilan de l’histoire en saison régulière des Bulls de Jordan cru 1995-1996.

73 victoires pour 9 défaites. Voici le bilan des Warriors lors de la saison 2015-2016.

Félicités par Barack Obama himself. 

Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que Steph Curry sera élu cette saison MVP à l’unanimité, une première dans l’histoire. 

De leur côté, les Cavs font leur petit bonhomme de chemin à l’Est. 

57 victoires, une première place et on voit mal qui pourrait les empêcher de retourner jouer les Finals. 

Playoffs 2016 : Une revanche qui a failli n’avoir jamais lieu

Cleveland a vécu des playoffs assez tranquilles. 

Deux coups de balai bien carrés face aux Pistons et Hawks pour atteindre la finale de conférence. 

Face à Toronto, ce fut un peu plus compliqué avec 2 matchs lâchés. Mais l’écart de niveau était trop important. LeBron est intouchable à l’Est et atteint sans encombre des 6èmes Finals consécutives. 

Du côté de Golden State, après une saison régulière de rêve, on a frôlé la catastrophe. Si les deux premiers tours se sont tranquillement déroulés (4-1 face aux Rockets puis aux Blazers), la finale de conférence face à OKC a failli tourner au vinaigre. 

Et ce n’est rien de le dire. Le Thunder de KD et Russell Westbrook menait même 3-1. A 1 victoire d’une nouvelle finale NBA, après celle de 2012 perdue contre le Heat de LeBron. 

La bascule de cette série ? Le Game 6. Moment choisi par Klay Thompson pour sortir un match de titan. 41 pions à 11 sur 18 de chez le voisin. Une performance stratosphérique qui a permis aux Warriors de s’imposer de 7 points et de pouvoir boucler la série lors du Game 7 à l’Oracle Arena. 

Ce fut chaud, très chaud, mais on aura droit à un acte II entre les Cavs et les Warriors. Et personne n’a boudé son plaisir…

Maintenant que vous avez toutes les clés, entrons dans le vif du sujet.

Finals Partie 1 : Des Warriors bien trop forts 

Cette fois-ci, les Cavs sont au complet. 

Un Big 3 de part et d’autre : LeBron, Kyrie et Kevin Love d’un côté ; Steph Curry, Klay Thompson et Draymond Green de l’autre. 6 All-Stars sur le parquet. Pas d’excuse. 

Je le rappelle, les Warriors ont l’avantage du terrain -du fait d’avoir eu un meilleur bilan de saison régulière que celui des Cavs-. Par conséquent, la répartition du terrain lors de la série est la suivante : 

Game 1 & 2 : @Golden State

Game 3 & 4 : @Cleveland

Game 5 : @Golden State

Game 6 : @Cleveland

Game 7 : @Golden State

Le Game 1 tourne assez tranquillement à l’avantage des Warriors malgré un match ignoblissime de Curry (11 points à 4/15 au tir) et Thompson (9 points à 4/12 au tir). Mais Cleveland est trop léger et c’est Shaun Livingston qui sort de sa boite et termine meilleur marqueur de son équipe avec 20 points. 

A ce moment-là, on est inquiet pour les Cavs. Les deux meilleurs joueurs de Golden State se trouent complètement mais à la fin ça fait +15. 

Le Game 2 confirme très clairement cette tendance. On ne va pas y passer 107 ans, c’est une boucherie. +33 pour les Warriors. Sans forcer. Il n’y a juste pas photo entre les deux franchises. 2-0 Golden State. Et comme si ça ne suffisait pas, Kevin Love se blesse à la tête et doit déclarer forfait pour le Game 3. Les carottes semblent bien cuites. 

Cependant, Cleveland a un sursaut d’orgueil à la maison et en colle 30 aux californiens. LeBron et Kyrie se réveillent et plantent 62 points à 2 pour se donner un bol d’air. Mais il faut également gagner le match suivant sous peine d’être condamné. 

Malheureusement, le Game 4 tourne à l’avantage des Warriors. Curry prend les choses en main et balance 38 pions. En face, LeBron et Kyrie sont bien trop seuls, malgré le retour de Kevin Love. Les Warriors mènent 3-1 et auront donc 3 balles de match, dont 2 à la maison. 

Motif d’espoir cependant : dans les derniers instants du Game 4, Draymond Green, meilleur défenseur de la Ligue à l’époque et qui réalisait une série bien quali, se rend coupable d’une faute flagrante sur LeBron. Discutable certes mais la décision est arrêtée par les arbitres. La conséquence est grave : à cause d’une accumulation de fautes flagrantes sifflées contre lui lors de ces playoffs, Green est suspendu pour le Game 5. 

Finals Partie 2 : Une remontada pour l’histoire

On retourne à Oakland. Les Warriors ont l’occasion de plier la série et de remporter un 2ème titre consécutif. 

Mais je le redis, Draymond n’est pas là. Et quand Draymond n’est pas là, LeBron et Kyrie dansent. Ce Game 5 a été stratosphérique. LeBron et Kyrie se sont chauffés en même temps et ont planté 41 points chacun. Oui 41 points chacun. 82 points à 2. Dans un match à élimination directe en finale NBA. Irréel. C’était d’ailleurs la première fois de l’histoire que deux coéquipiers plantaient 40 points ou plus lors du même match dans une finale NBA. C’est dire la performance. Et les 37 points de Klay Thompson n’y ont rien changé. 

Les Cavs gagnent de 15 points et permettent à leurs fans de pouvoir re-vibrer à la Q Arena. Retour à Cleveland. 

Lors du Game 6, LeBron enchaîne et rebalance une performance de mammouth à 41 pions. A côté de ça, il enregistre 8 rebonds et 11 passes. Il envoie 16 points consécutifs entre la fin du 3ème et le début du 4ème quart-temps. Il chambre Steph Curry comme il faut à lui en faire perdre la tête. Dans un match à élimination directe une fois de plus. C’est juste hallucinant. 

La salle est bouillantissime. Les fans sentent qu’il se passe un truc, que leur équipe est en train de renverser la vapeur et de prendre le dessus. Les Cavs l’emportent de 14 points et s’offrent le droit d’aller disputer un Game 7 à Oakland. Un Game 7 pour l’histoire. 

A la fin du match, il y a une causerie exceptionnelle dans le vestiaire des Cavs. Au moment d’aller poser la 15ème et avant-dernière pièce du puzzle (pour une 15ème victoire en playoffs) représentant le trophée Larry O’Brien (le trophée de champion),

LeBron sent que le vent a tourné et le fait savoir à ses coéquipiers : “They fucked up. Mentally and physically. I’m telling you, they fucked up”.

Le message est clair. Les Warriors ne sont plus dans leur assiette. Le titre est juste là. Tout près. 

On y est. Le moment tant attendu. Un Game 7 comme en 2013 entre les Spurs et le Heat. Le match décisif. Le match où tout se joue. Où tout se décide. 

Très honnêtement, en terme de qualité basket pur, c’était pas fou. C’est pour ça que je préfère vous emmener directement à 2 minutes de la fin. On est à 89-89. Petit score car défenses de fer. Vrai match de guerriers. 

A partir de là, c’est parti dans tous les sens. Je vous fais un petit résumé action par action :

  • Les Warriors partent en contre-attaque. Iguodala file au cercle pour un lay-up facile. Et là, qui débarque de nulle part ? Monsieur LeBron James avec un bloc STRATOSPHÉRIQUE sur la planche. Ce bloc est devenu THE BLOCK.
  • Les Cavs ont l’occasion de prendre les devants. LeBron prend les choses en main, provoque à l’extérieur, attaque le cercle et rate à 2 points. 
  • Ballon Warriors, Steph Curry dégaine à 3 points, c’est une brique et une belle brique. A l’image de son match, on en reparlera. 
  • Maintenant, c’est au tour de Kyrie de prendre les choses en main. LeBron a raté, le meneur All-Star prend le ballon, attire Curry vers son spot sur la droite. Et il DÉGAINE !! C’EST DEDANS !! 92-89 POUR LES CAVS. IL RESTE 53 SECONDES.
  • Curry, encore lui pour essayer de revenir à hauteur. Kevin Love défend sur lui, comme un chien. Il ne le lâche pas. Curry prend un shoot difficile à 3 points. C’est raté. Rebond LeBron. Ballon Cavs. 
  • Kyrie provoque, donne à LeBron qui arrive comme un bulldozer pour claquer le dunk. Et là, Draymond Green sort de sa boîte, fait une vilaine faute et LeBron se retrouve à terre sans avoir pu dunker. Il reste à terre de longues minutes. De très longues minutes. Il s’est visiblement fait très mal au poignet droit. Ces minutes sont irrespirables. 
  • Finalement, il se relève et va sur la ligne. Il rate le premier lancer-franc, mais met le second. +4 Cavaliers, il reste seulement 10 secondes à jouer. 
  • Curry, encore lui, essaie de shooter rapidement. Il rate une énième fois. Il finira la soirée avec seulement 17 points à 4 sur… 14 à 3 points. Pour un MVP élu à l’unanimité, ça fait tâche. 

C’est terminé, les Cavs l’ont fait. LeBron l’a fait. Après ce Game 7 en triple-double (27 points, 11 rebonds, 11 passes), il a réussi à apporter un titre chez lui, le premier de l’histoire des Cavaliers. Il a battu la meilleure équipe de l’histoire. Il est à terre, les larmes de joie l’envahissent.

View this post on Instagram

O-M-G!!! #TheLand #ChampionshipParade

A post shared by LeBron James (@kingjames) on

Au micro sur le terrain, il hurle : “Cleveland, this is for you”. Il était né pour ça. Il est revenu à Cleveland pour ça. Sa mission est accomplie. Il n’a plus rien à prouver. Il peut s’installer au sommet de l’histoire du basket et regarder Michael Jordan dans les yeux.

Un troisième titre. Et de loin le plus incroyable et celui qui restera le plus. Il est bien évidemment quelques minutes plus tard élu MVP des Finales, pour la troisième fois. 

Cette remontada est historique. Et pour preuve, c’est la première fois de l’histoire des Finals NBA qu’une équipe remporte le titre après avoir été mené 3-1. C’est celle-là LA remontada.

Si ça c’est pas un joueur des Cleveland Cavaliers alors personne ne peut l’être.
Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

WordPress Image Lightbox Plugin